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  • Carolanne

Qu'est-ce que l’accompagnement à l’avortement?

Mis à jour : janv. 30

Accompagner la mort comme on accompagne la vie



Cet article concerne toutes les personnes qui ont eu recours ou non à une interruption volontaire de grossesse quelle que soit l’identité de genre. Dans un souci d'englober cette pluralité des genres, il serait plus inclusif de dire personne possédant un utérus et étant engagée dans un processus d'interruption volontaire de grossesse. Afin d'assurer la facilité de lecture et puisque l’écrasante majorité des personnes ayant vécu une IVG s’identifient comme « femmes », ce sont ces termes que j’utiliserais dans cet article reconnaissant qu’un processus d’interruption volontaire de grossesse peut être vécu par des personnes s’identifiant également comme trans et/ou se situant quelque part ou non dans la non-binarité.


Quelle place pour l'IVG?


La mort mérite une attention aussi particulière que la vie, pourtant elle demeure un sujet très tabou au sein de nos sociétés médicalisées. Même si cela fait plus de 30 ans que l'avortement est décriminalisé au Canada et en France, beaucoup de femmes vont vivre cette expérience dans la solitude, le jugement et dans le silence, pourtant c’est un choix totalement légitime et courant. Il faut savoir qu'une femme sur trois aura recours à l'avortement dans sa vie en Amérique du Nord selon la fédération du Québec pour le planning des naissances et c’est 220 000 des femmes par année en France.


En France depuis 1975 et au Canada depuis 1988, lorsqu'on se retrouve face à une grossesse qui n’était pas planifiée, on peut choisir librement de poursuivre ou non notre grossesse. C’est ce qu’on appelle la liberté de choix, cela signifie que nous pouvons décider de poursuivre notre grossesse, même si elle n’était pas planifiée, ou nous pouvons faire le choix de l’interrompre en ayant recours à l’avortement. Il a fallu nous battre pendant de longues années pour obtenir ce droit, qui n’est d’ailleurs encore pas accessible partout, souvent offert dans de très longs délais et encore remis en question.


Pourquoi accompagner une femme lors de l’interruption volontaire de grossesse?


Si le concept d’accompagner la naissance est connu, celui d’accompagner l’avortement l’est beaucoup moins, les deux rôles étant plutôt semblables, celui d’être avec l’autre inconditionnellement, de l’accompagner peu importe ses choix dans la dignité simplement.


L’objectif est d’offrir un accompagnement éclairé dans le processus de l’interruption de grossesse, d’assurer une présence rassurante et sans jugement lors de celui-ci. Accompagner une femme lors de cette épreuve c’est lui offrir l’opportunité de faire des choix éclairés, de connaître les différentes méthodes, de se préparer, de prévoir un plan d’interruption de grossesse et de lui offrir l’espace de s’exprimer au sujet du tourbillon d’émotions que cela peut engendrer, dans la confidentialité, par exemple. Ce sont tous des moyens de lui redonner du pouvoir dans ce processus personnel hautement significatif. Au même titre que l’on prépare la naissance, on peut préparer l’interruption volontaire de grossesse.


La mort et la vie étant deux entités intimement reliées, ce sont des événements de vie qui nous amènent à battre au son d’une fréquence très similaire, celle de la fragilité, de l’intangible, de l’irréel et du réel. Les délais pour avoir recours à une IVG peuvent être très longs et difficile à vivre pour les femmes. Certaines ressentent tous les symptômes de début de grossesse et se retrouvent dans un profond bouleversement. Entre maux de cœur, isolement, doutes, peurs, hormones et attente cet événement comporte pour certaines personnes un lot de souffrances significatifs. Tout ce chavirement peut amener un grand besoin de se sentir soutenue.


Ce projet d’intervention fait beaucoup de sens pour moi car je crois profondément qu’il y a de sérieux besoins d’accompagnements, d’informations et d’entraide au cœur des processus en lien avec la santé sexuelle et reproductive des femmes. Ma curiosité et ma flamme m'ont amené à travailler sur ce projet de services offerts à domicile et d'accompagnements. Revendiquant activement les droits en ce qui a trait à la santé sexuelle et reproductives des femmes, ce service d’accompagnement à l’IVG est une cause qui me tient profondément à cœur. Quand une femme est informée des droits qu’elle dispose, elle peut plus facilement se préparer, se protéger, et faire face aux violences qui parfois sont présentes au sein de nos institutions médicales. Elle peut également passer au travers de cette épreuve en ayant eu la sensation de faire activement partie de son processus.


À quoi ressemble un accompagnement à l’avortement concrètement?


Dans l'accueil, la dignité et la douceur, je propose quelques rencontres.  La première étant une rencontre de prise de contact, d’abord pour voir si le courant passe entre nous. Lors de cette rencontre il y a beaucoup d’espace. Vient aussi une transmission d'informations sur l'IVG, sur les différentes méthodes et la possibilité de préparer un plan d'interruption de grossesse afin de se sentir plus en sécurité pour cette épreuve. Il peut même être possible d’utiliser un outil qui aide à la prise de décision, certaine personne veulent revoir et repenser leur chemin vers cette décision afin de se sentir plus solide. L'idée est de donner assez d'informations et de pouvoir à la femme pour lui assurer la possibilité de faire des choix éclairés lors de ce passage.

Ensuite, la deuxième rencontre comprend l'accompagnement à la clinique d'avortement et/ou à la maison tout dépendant de la méthode choisie lors du plan d'interruption de grossesse. Je me rends à clinique au besoin et comme prévue lors de la première rencontre, j’accompagne la personne durant ce moment de la manière dont elle en ressent le besoin.

En terminant, j'offre une dernière rencontre à domicile quelques jours après l'IVG pour voir comment se porte la femme, pour offrir un support post-interruption de grossesse et la référer vers d’autres ressources au besoin.

L’accessibilité et l’inclusivité parlons-en!


Faire face à des jugements, des préjugés et des commentaires désobligeants dans un moment de grande fragilité, en effet l’accès aux services d’avortement est limité quand ceux-ci ne sont pas inclusifs. La discrimination que certaines personnes rencontrent peut les inciter à retarder ou à ne pas aller chercher les services de santé qu’elles auraient besoin. Lorsqu’il s’agit d’assurer leurs besoins en matière de santé reproductive, la situation est alarmante pour les personnes plus jeunes, en situation de handicap, autochtones, incarcérées, LGBTQI2SNBA+, racisées et sans statut. Ce faisant, j’aimerais éventuellement développer un service inclusif et accessible en matière d’accompagnement à l’avortement, peut-être en partenariat avec un organisme communautaire ou par le biais de subventions qui sait..?






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